samedi 21 juin 2014

Venanzio Rauzzini (1746-1810), castrat et compositeur.





 Rauzzini

Portrait de Joseph Hutchison (1747-1830)



Il nait à Camerino, dans les Marches et est baptisé le 19 décembre 1746.

Enfant, il chante comme enfant de chœur dans la chapelle pontificale.

Sa famille semble avoir été favorable à l'éducation musicale. Le compositeur Matteo Rauzzini (1754-1791) était le frère de notre chanteur.

Les dons de l'enfant le font nommer à onze ans socio academico de l'Académie Sainte-Cécile. Après des études à Rome - où il fut le condisciple de Clementi - et peut-être à Naples avec le compositeur Porpora, il fit ses débuts scèniques à Rome au Teatro Valle dans un petit rôle de l’opéra de Piccini, Il Finto Astrologo, le 7 février 1765. Il chante également dans des intermèdes comme La Contadina in corte de Sacchini dans lequel il interprète la paysanne Sandrina (avec Antonio Boscoli, Ruggiero ; Nicodeno Calcina, Berto ; Giovanni Ripa, Tancia), Il Mondo della Luna, de N. Piccini (avec Giovanni Ripa, Nicodeno Calcina, Antonio Boscoli, Antonio Bassanese), Il Ciarlone de Giuseppe Scolari (avec Giovanni Ripa, Nicodeno Calcina et Antonio Boscoli).

Son premier rôle majeur est endossé l'année suivante à Venise dans Sesostri de Guglielmi (sur un livret d'Apostolo Zeno) pour l'Ascension 1766. Il y chante le rôle-titre, entouré de Marianna Galleotti (Nitocri), Caterina Flavis (Artenice), Apollonia Orlandi (Orgonte), Cassiano Morini (Fanete), Pasquale Cozzini, (Amasi).
Il reprend également Il Re pastore du même compositeur, sur un livret de Metastasio qu'illustra également Mozart, dans lequel il chante également le rôle-titre, Aminta. Il est entouré de Antonio Pini Corsi, Alessandro ; Francesco Roncaglia, Agenore ; Catterina Piovani, Tamiri ; Giovanna Carmignani, Elisa).

En 1766, il entre au service du prince électeur Maximilien III Joseph à Munich, comme premier soprano au théâtre de la cour, où il sera employé jusqu’en 1772.

Il crée Siroe de Traetta pour le Carnaval de 1767, puis obtient un congé pour retourner en Italie ; il se produit donc en 1767 à Venise.

Il est ensuite engagé à Vienne pour les festivités nuptiales pour le mariage de Ferdinand IV, roi de Naples et de Marie-Josepha, archiduchesse d'Autriche.
Il se produit dans Amor e Psiche dans lequel il chante Amor, face à Elisabeth Teyber (Psiche) et Clementina Baglioni (Venere) et Partenope de Hasse dans lequel il chante le rôle de Filandro (avec Elisabeth Teyber, Elpinice ; Giacomo Veroli, Cleanto ; Clementina Baglioni, Ismene ; Giuseppe Ribaldi, Alceo).

Il ne semble pas que le castrat ait tout d'abord impressionné les Mozart, lorsqu'ils l'entendirent dans cet ouvrage. Leopold Mozart, dans une lettre à Hagenauer, datée du 29 septembre écrit :
"L'opéra de Hasse est beau mais les chanteurs ne sont pas extraordinaires ; [...] Rauzzini de Munich est le meilleur castrat."
De retour à Munich, il compose et interprète ses premiers opéras, dont un Eroe Cinese (1771) qui lui est attribué.

Le musicologue et historien Charles Burney, le rencontrant en 1772 à Munich loua sa virtuosité et la qualité de sa voix, mais fut davantage enthousiasmé par ses capacités de compositeur et de claveciniste :

"Le premier chanteur de l'opéra sérieux est le Signor Rauzzini ; ce jeune Romain du mérite le plus singulier est au service de la cour électorale depuis six ans, mais il est aussi engagé à chanter à Milan dans un opéra composé par le jeune Mozart pour le prochain Carnaval. Ce n'est pas seulement un charmant chanteur et un bon acteur à la figure agréable, mais il est également un excellent contrepointiste et claveciniste, bien plus accompli en cela que ses confrères italiens, qui croient que le jeu du clavecin ou la composition sont préjudiciables à la voix. Le Signor Rauzzini a écrit à Munich deux ou trois opéras bouffons qui ont reçu le plus grand suffrage ; il me montra et me chanta aussi plusieurs airs sérieux de sa plume, bien écrits et d'un goût exquis. [...]
Je passai la plus grande partie de la matinée, avec le Signor Rauzzini ; il eut l'obligeance de me chanter un nombre de très bons airs, dans des styles différents, parmi lesquels il y en avait beaucoup de sa propre composition. Quant à son mérite comme chanteur, je dirais que si son trille est trop serré et sa voix pas assez forte pour un grand théâtre, c'est un exécutant délicieux sous tous les autres rapports : son goût est moderne et raffiné, sa voix douce et claire, son exécution des passage, si difficile qu'en soit l'intonation, est toujours étonnamment précise, rapide et facile ; enfin, sa science de l'harmonie le place bien au-dessus de tous les autres grands chanteurs de théâtre ; il est d'ailleurs bien de sa personne, et on le dit excellent acteur."

Cependant, les opéras Astarto (1769/72), L'Eroe cinese (1771) et Pompejo (1773) ne semblent pas être de sa main.

Pendant ces années-là, il apparaît dans Der Chinesische Held (Le Cinesi de Metastasio) de Sacchini, avec Domenico Panzacchi, Leango ; Caterina Flavis, Lisinga ; Walburga Wodizcka, Ulania et Francesco Roncaglia, Minteo.

Le dernier opéra dans lequel il apparaît à Munich est le Demetrio de Bernasconi. (Carnaval 1772)

En 1772, il quitte Munich, car ses succès féminins auprès de l’aristocratie lui valent quelques ennuis, selon les Reminiscences de Michael Kelly. Une autre raison avancée est le climat peu propice à sa voix.

Ce qui semble plus certain, c'est son engagement à Milan pour le carnaval de 1773, où il crée Cecilio dans le Lucio Silla de Mozart (le 26 décembre 1772, avec Bassano Morgnoni, L Silla ; Anna de Amicis, Giunia ; Felicità Suardi, L. Cinna ; Daniella Mienci, Celia et Giuseppe Onofrio, Aufidio) et un opéra de Paisiello, Sismano nel Mongol (Carnaval 1773), avec également Anna de Amicis-Buonsollazzi. Le librettiste Giovanni De Gamerra avait écrit les livrets pour les deux oeuvres.




Signature de Rauzzzini.

  
Les Mozart ont changé d’avis sur le chanteur puisque Leopold précise, le 28 novembre 1772, que
"Aujourd'hui, la De Amicis quitte Venise et sera donc ici dans quelques jours . Le travail commencera lors sérieusement, car jusqu'à maintenant il ne s'est pas passé grand chose. Wolfgang n'a écrit que le premier air [sans doute « Il tenero momento »] pour le primo uomo, il est incomparablement beau et ce dernier le chante comme un ange.[?]"

Les répétitions se passent bien, mais la première est un peu plus mouvementée :
"[La De Amicis] chanta mal toute la soirée, d'autant plus que la jalousie s'en mêla, car l'archiduchesse se mettait à applaudir dès que le primo uomo paraissait sur scène. C'était un tour du castrat ; il s'était arrangé pour qu'on rapporte à l'archiduchesse qu'il avait un tel trac qu'il ne serait pas en état de chanter, à moins que la cour ne lui donna du courage en l'applaudissant. [...]" (lettre de Leopold Mozart à sa femme, datée du 2 janvier 1773)

En janvier, Mozart lui écrit le Motet Exsultate Jubilate K 165/158a, qui est créé à l’église des Théatins.
(Un post scriptum de Mozart à Nannerl dans une lettre datée du 16 janvier 1773 précise :
"J'ai pour le primo un uomo motet écrire dû, qui demain chez Théatins les donné sera. [...]")

Rauzzini chante ensuite à Venise au Teatro di S. Benedetto :
il interprète Demetrio dans l'Antigono d’Anfossi (avec Giuliano Petti, Antigono ; Giuseppa Maccherini Ansani, Berenice ; Giuseppe Pasqualini, Alessandrore d'Epiro ; Teresa Capuzzi, Ismene ; Matteo Antonio Babini, Clearco)

Il se rend dans la même saison à Padoue : il chante Rinaldo dans l'Armida de Nauman (avec Caterina Bonafini, Armida ; Vincenzo Uttini, Idreno ; Giuseppe Coppola, Ubaldo ; Maria Maddalena Mori Della Casa, Zelmira)

L’année 1774 le trouve à Turin puis de nouveau à Venise au Teatro Giustiniani di San Moise pour l'Ascension. Il y chante Narbale, qui est en fait l'Eroe Cinese de Metastasio, dont l'action a été transposée et les noms des personnages changés, comme le précise le livret ("Questo atto eroico diede occasione al rinomatissimo Metastasio di formarne il Dramma che ha per titolo "l'Eroe cinese". Per le convenienze poi di questi cantanti e le circostanze del teatro che non poterono accomodarsi al vestito e scena cinesi si e pensato mutare e scena e nomi de' personaggi e per conseguenza anche il titolo del dramma conservandone tutta l'azione")
Rauzzini est Sidreno, Catterina Schindlerin, Statira ; Teresa Capuzzi, Minteo et Ferdinando Pasini, Narbale. Dans le cours de la représentation, Rauzzini interprète également une cantate, Statira e Sidreno.

En 1774, il s'embarque pour l'Angleterre où il finira sa vie.

Jusqu'en 1777 il chante régulièrement au King's Theatre de Londres, le théâtre où est donné l'opéra italien.
Il fait engager à ses côtés la Schindlerin, qui avait également chanté avec lui à Venise, une de ses élèves, ce qui fut très critiqué.

Burney précise que
"[l]a voix [de Schindlerin] était un filet de son, et sa faiblesse n'était compensée ni par le bon goût ni par les connaissances musicales. En vérité, elle apparaissait sur scène ce qu'elle était en dehors, l'élève de Rauzzini ; et elle lui était si inférieure qu'il crut nécessaire de s'abaisser à son niveau, de manière à la faire apparaître plus avantageusement. Il est dangereux de consulter le primo uomo ou la prima donna sur le choix du protagoniste auquel ils vont disputer la gloire de plaire. [...] Les chanteurs de capacités presque égales, bien que différentes, se regardent mutuellement avec horreur ; ils imaginent réciproquement que tous les applaudissements gagnés par leur collègue est à leur dépens."

Rauzzini fait ses débuts comme compositeur et comme chanteur dans Armida le 19 novembre 1774 (repris en 1778) ; il écrit ses propres airs dans ce pasticcio écrit par G. G. Bottarelli d'après le livret de Giacomo Rossi, pour on a inséré des airs de Farinelli et A. Pasini. La partition fut remaniée pour les représentations à partir du 7 janvier 1775).

Il va enchaîner les succès après des débuts mitigés ; il écrit de nombreux opéras ou des airs d'insertions dans les pasticcios qui sont d'usage pour l'opéra italien de Londres, parmi lesquels Piramo e Tisbe (créée le 16 mars 1775, l'œuvre est reprise les trois saisons suivantes, et s'exportera sur le continent.) sur un livret de Marco Coltellini, un des ses plus grands triomphe, et des airs pour des pasticcios comme La sposa fedele (31 octobre 1775, musique de P.Guglielmo, Mattias Vento, livret de Pietro Chiari) , Didone [abbandonata] (11 novembre 1775, musique de Sacchini, Mortellari et Giardini, livret de Metastasio) , The Duenna sur le texte de Sheridan (21 novembre 1775), et un opéra, L'Ali d'Amore (créé le 29 février 1776, révision le 13 mars 1777, livret de Carto Badini), dans lequel apparaît une très jeune Ann Selina (Nancy) Storace qu'il avait prise comme élève.

Ses talents d'acteurs sont unanimement loués, comme pour ce Montezuma de Sacchini en 1775 ; on rapporte que Garrick le félicita publiquement, ce qui n'est pas un mince compliment de la part d'un des plus grands acteurs du temps. Cependant, les opinions sont plus partagées en ce qui concerne son art vocal. Certains considèrent qu’il a perdu en puissance vocale depuis qu'il compose autant, reproche que l'on avait l'habitude de faire aux interprètes également compositeurs, comme l'avait souligné Burney...




Rauzzini dans Montezuma (1775)
avec Catherine Schindlerin


Dans le tome IV de sa General History of Music from the Earliest Ages to the Present Period, publiée en 1789, ce dernier écrit :
"VENANZIO RAUZZINI était à l'époque un jeune homme beau et plein de vivacité, et un excellent musicien, qui non seulement connaissait son propre métier comme chanteur, mais celui de compositeur : étant aussi capable de faire un opéra que de chanter dedans. Sa voix était douce, claire, flexible et étendue ; ayant en tessiture plus que deux octaves. Mais elle n'était pas puissante lorsque je l'ai entendue à Munich, deux ans auparavant ; et elle s'affaiblissait de jour en jour car il s'attachait davantage à ses compositions. Il jouait du clavecin proprement et avait un vrai génie pour l'écriture de la musique, ce qui l'inclinait à consacrer plus de temps à sa plume et l'amélioration de sa main, un temps, qui, dans on emploi, aurait été mieux dévolu à la nourriture et l’exercice de sa voix. Cela prit quelque temps avant que ses capacités furent ressenties ici par le public, dans la faveur duquel rien ne peut donner une meilleure idée des mérites d'un chanteur qu'une voix grosse et puissante : cependant, son goût, a fantaisie, et sa finesse, alliées à sa beauté et sa façon intelligente et inspirée de jouer, lui valurent, avant la fin de la saison, tous les suffrages."

L'amateur Lord Mount Edgecumbe, par exemple, dans ses Musical Reminiscences of an old amateur, déplore également son peu de volume.

Cependant ceux qui le critiquent se fondent sur des souvenirs de sa carrière continentale, puisque Rauzzini n'a pas de rival ; les autres grands castrats qui étaient apparus sur les scènes d'Angleterre sont repartis depuis longtemps et Pacchierotti n'arrivera qu'en 1778.

De nombreuses compositions de Rauzzini sont publiées à Londres ; on trouve des songs, des airs séparés, des sonates, etc... Les nombreuses éditions imprimées attestent de leur succès.

Cette activité intense de compositeur sera l'objet d'une brouille avec son ami Sacchini, puisque Rauzzini s'attribuera le mérite d'une partie des airs qu'il chantait dans les opéras de Sacchini, au grand dépit du compositeur qui décide de ne plus parler à son interprète. Le scandale et la polémique furent tels que Sacchini fut obligé de quitter Londres et partit travailler à la cour de France.

Parallèlement, le castrat continue de prodiguer son enseignement. La plupart des grands interprètes anglais de la seconde partie du XVIIIe siècle suivront ses leçons. Un de ses derniers élèves sera le ténor John Braham, futur créateur de Huon dans l'Obéron de Weber et compagnon d’Ann Storace. Ce dernier doit d'ailleurs le début de sa carrière opératique à sa rencontre avec Stephen Storace, lors d'un concert chez Rauzzini ; le jeune compositeur écrit alors sur mesure pour Braham le rôle-titre de son dernier opéra, Mahmoud.

Fin 1777, Rauzzini décide de se retirer à Bath.

Il a amassé suffisamment d'argent pour une retraite dorée. Son physique a également changé ; il est devenu obèse et a du mal à se mouvoir sur scène.

Sarah Goudar écrit : "Rauzzini chante joliment ; mais il est à craindre qu'il ne chante bientôt rondement, car il enfle de tous côtés."

Il réside tout d'abord 17 Queen Square, puis 13 Gay Street, et a également une résidence campagnarde, Perrymead Villa, à Lyncombe. Bath est devenue une ville d'eaux à la mode dans laquelle la vie sociale est très active, et où se rendent tous les élégants de Londres.

Sa "retraite" ne ralentit pas pour autant son activité musicale ; il organise des concerts avec le violoniste Franz Lamotte (qui était organisateur des concerts des New Assembly Rooms et impresario de Bath), qui sont si prisés que les meilleurs chanteurs se pressent pour s'y produire sans cachets. Il bénéficie donc, tout au long de ses dernières années, des prestations de ses anciens élèves John Braham, Ann Selina Storace, Michael Kelly, Charles Incledon, Elisabeth Billington, Gertrud Mara...

Au cours d’un voyage à Dublin en 1778, il rencontre le jeune ténor Michael Kelly, qu'il prend brièvement comme élève et qu'il envoie en Italie parfaire sa formation.

Un de ses concerts à Bath en 1779 est décrit par Edmund Rack -(1735-1787), fondateur de la Bath Philosophical Society-, dans son journal, comme
"l'Assemblée la plus brillante que j'ai jamais vue ; l'élégance de la salle, illuminée par 480 chandelles de cire, l'éclat des bijoux, l'inconcevable harmonie de près de 40 musiciens, dont certains étaient les meilleurs d'Europe, ajoutaient aux riches atours des 800 Gentlemen et Ladies, était une scène, dont ceux qui ne l'ont pas vue, ne peuvent se faire l'idée. La Motte et Fisher surpassent toute description, Au violon et au hautbois, ils n'ont pas d'égal dans toute l'Europe. Rauzina (sic) est un eunuque et a un trille agréable. [...]"

Ces concerts organisés par Rauzzini, et dans lesquels il se produisait encore, étaient devenus des évènements mondains très appréciés par la qualité de la musique autant que par l'assistance choisie qui s'y précipitait.

En 1780, Lamotte se retire et Rauzzini prend sa place et devient le directeur des Assembly Rooms concerts. A ce titre, il prend une part importante dans la vie de la cité et dans l'organisation de la vie mondaine.



 Gravure de Robert Hancock (1730-1817)


Durant le printemps 1781, il accepte de se produire à Londres avec le castrat Tenducci, et s'y rend afin de superviser la mise en scène de ses opéras L'Eroe Cinese (créé au King's Theatre le 16 mars 1782, sur un livret de Metastasio), Creusa in Delfo (29 avril 1783) et Alina o sia La regina de Golconda (18 mars 1784), qui fut éreintée par la critique dans The Advertiser (10 mai 1784). Sa musique est utilisée pour des ballets durant la saison 1783-1784, mais après l'échec de son opéra La Vestale (1er mai 1787) il décide de ne plus quitter Bath.

Il partage donc son temps entre sa maison de ville et sa maison de campagne de Perrymead, dans laquelle il reçoit de nombreux visiteurs et élèves.

En août 1794, Haydn passe trois jours chez lui. Le compositeur note dans ses carnets à la date du 8 août « Loge chez M Rauzzini, musicien. » En date du même jour, la chronique de la ville, qui répertoriait les arrivées de notables, mentionne également sa présence.
Rauzzini avait enterré son chien Turk dans son jardin sous une pierre tombale, et Haydn, touché de ce geste, composa un canon à quatre voix, en utilisant une partie de l'inscription qui figurait sur la stèle, « Turk was a faithful dog and not a man. »




Rauzzini avec son chien Turk
Portrait de Joseph Hutchison (1747-1830)


Rauzzini continue de composer et de publier.
En 1801, il écrit un Requiem, dont certains disent que ce fut en souvenir de Mozart, mais cette dédicace est incertaine.

Il meurt à Bath le 8 avril 1810. Quelques jours après, le Bath Chronicle remarque :
Dans le privé, peu d'hommes furent plus estimés ; peu furent autant apprécié si universellement. D'une suavité polie quant à ses manière, un caractère doux et joyeux, et un trésor d'informations générales et policées, faisaient de lui un compagnon attirant et agréable.

Rauzzini est inhumé dans l'abbaye de Bath en grande cérémonie, comme il convenait à l'un des plus éminents notables de la ville.
Ann Storace et John Braham firent ériger une Memorial Tablet, dans l'abbaye de Bath, pour commémorer sa mémoire.


Il a laissé une quinzaine d’opéras et de pasticcios, de nombreuses pièces de musique de scène, des cantates et compositions vocales diverses, de la musique de chambre et un recueil de douze solfeggi, qui nous renseignent sur sa technique vocale et ses capacités pédagogiques.


Petite Discographie

Si l'on souhaite écouter les deux œuvres composées pour lui par Mozart chantées par une même voix, il faut s'orienter vers les enregistrements de Cecilia Bartoli .
Elle a enregistré l'Exsultate Jubilate dans son album Mozart Portraits (Decca 443 452-2.), avec le Vienna Chamber Orchestra dirigé par György Fischer .
Elle a également enregistré, lors d'un concert public, un Lucio Silla sous la direction de Nikolaus Harnoncourt, en 1990, avec : Lucio Silla - Peter Schreier ; Giunia - Edita Gruberova ; Celia - Dawn Upshaw ; Cinna - Yvonne Kenny. (CD Elektra/Asylum 4928) (Attention, l'oeuvre est incomplète.)

Un extrait de L'Eroe Cinese, l'air de Siveno « Ti leggo in volto », a été enregistré par le sopraniste Aris Christofellis dans le CD Les Castrats au temps de Mozart (avec l'Ensemble Seicentonovecento, dirigé par Flavio Colusso) (1995, EMI France CDC 5 56134 2).

La Contadina in Corte de Sacchini, avec Cintia Forte en Sandrina, est disponible chez Bongiovanni (CD). G Catalucci, direction musicale.

En ce qui concerne Rauzzini compositeur, une sélection de ses oeuvres est disponible chez
Centaur (2014) :
Venanzio Rauzzini: Master of Music in Jane Austin’s Bath.  (String Quartet in E-flat, Op. 2, No. 1; Ah Touch Again that Plaintive Strain; Clora behold that Beauteous Rose; Sonata for Violin and Keyboard in F, Op. 1, No. 6; Aria for Madame Mara; Ah! Dearest Laura; Sonata for Violin and Keyboard in C, Op. 15, No. 1; The Rose; Cease to Blame my Melancholy; String Quartet in A, Op. 7, No. 1)
Stefanie True, soprano; Zsolt Kallo, violon ; Tamas Szekendy, pianoforte; Authentic Quartet)




Petite Bibliographie

BLANCHARD, Roger et CANDE, Roland de. Dieux et Divas de l'Opéra Tome I : Des origines au Romantisme. Paris ; Plon, 1986.

BURNEY, Charles. Voyage musical dans l'Europe des Lumières. [The Present State of Music in France and Italy/ in Germany, the Netherlands and the United Provinces.] Traduit, présenté et annoté par Michel Noiray. Paris, Flammarion(Harmoniques), 1992.

BURNEY, Charles. A General History of Music From the Earliest Ages to the Present Period, Volume IV. Londres, 1789.

CLIVE, Peter.
Mozart and his Circle. A biographical dictionary. London; Yale University Press, 1993.

KUZMICK HANSELL, Katheleen. "Venanzio Rauzzini" dans The new Grove dictionary of Music and Musicians.

MICHOT, Pierre. "Le créateur de Cecilio: Venanzio Rauzzini." dans L'Avant Scène Opéra n° 139 (mai-kuin 1991) sur Lucio Silla

Les extraits de lettres de la famille MOZART proviennent de la traduction de Geneviève GEFFRAY, publiée chez Flammarion, en 1986.

Divers catalogues de bibliothèques italiennes, pour certaines distributions mentionnées dans les livrets imprimés.

Texte rédigé par Emmanuelle et Jérôme Pesqué en 2002.
Revu et augmenté en mai 2004.

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